Jamais autant de journalistes tués qu'en 2007, déplore la Presse Emblème Campagne (PEC)

Publié le par ODEM Bénin

Genève, PEC, 17 décembre - L'année écoulée a été marquée par une nouvelle détérioration de la situation de la liberté de la presse dans le monde. Jamais autant de journalistes ont été tués dans l'exercice de leur métier en un an: au moins 110 depuis le 1er janvier, contre 96 l'an dernier et 68 en 2005, a annoncé lundi la Presse Emblème Campagne (PEC).

    "L'augmentation est de 14% par rapport à 2006. C'est inacceptable", a déclaré le secrétaire général de la PEC Blaise Lempen, en condamnant avec la plus grande vigueur ces assassinats.

  Des journalistes ont été tués dans 27 pays au total. L'Irak est le pays le plus dangereux, pour la cinquième année consécutive, avec 50 journalistes tués, contre 48 l'an dernier, et un total d'au moins 250 journalistes morts depuis l'intervention anglo-américaine en mars 2003. Jamais un conflit n'a provoqué une telle hécatombe parmi les employés des médias.

  Au deuxième rang, la Somalie a connu une brutale détérioration des conditions de sécurité pour les journalistes, avec huit journalistes assassinés cette année (un tué l'an dernier). Le Sri Lanka vient au troisième rang, avec sept journalistes tués en raison de l'intensification de la guerre civile dans ce pays
(quatre l'an dernier).

  La situation s'est aussi dégradée au Pakistan, où cinq
journalistes ont été tués. A égalité au 5e rang, viennent
l'Afghanistan et les Philippines, avec quatre journalistes tués dans chacun de ces pays.

  Septième pays le plus dangereux sur la liste, Haïti avec trois morts, à égalité avec la Colombie (3) et le Mexique (3). A noter que la situation s'est améliorée au Mexique, qui était l'an dernier le deuxième pays le plus dangereux après l'Irak, avec hui assassinats.

  Viennent ensuite le Népal (2), la République démocratique du Congo (2), l'Erythrée (2), l'Inde (2), le Guatemala (2).

  Des assassinats ont été perpétrés également, avec une victime dans chaque pays, au Honduras, Ouzbékistan, Salvador, Birmanie,Etats-Unis, Paraguay, Gaza, Zimbabwe, Russie, Pérou,Brésil, Ghana et Turquie.

  A la lecture de ces chiffres, il apparaît clairement que la grande majorité des journalistes ont perdu la vie dans des zones de conflit (pour l'Irak, le Sri Lanka, la Somalie, l'Afghanistan, 69 journalistes au total, soit près des deux tiers).

  "L'augmentation du nombre de victimes parmi les journalistes est directement liée à la poursuite de graves conflits marqués par des violations du droit humanitaire à grande échelle", a souligné Blaise Lempen.

  Dans d'autres cas, les journalistes ont été ciblés pour leurs opinions politiques ou parce que leur témoignage dérangeait, à l'instar d'Anna Politkovskaïa le 7 octobre 2006: par exemple Hrant Dink le 19 janvier à Istanbul (Turquie), Edward Chikombo, au Zimbabwe le 1er avril, François Latour le 23 mai à Port-au Prince
(Häiti), Serge Maheshe, de Radio Okapi, à Bukavu en RDC le 13 juin,Kenji Nagai, le reporter japonais tué à Rangoun le 27 septembre.

  Pour réagir à cette détérioration, la PEC vient de lancer une consultation mondiale sur un avant-projet de convention
internationale sur la protection des journalistes dans les zones de conflit et de violences. Cet avant-projet a été transmis à tous les Etats membres de l'ONU.

  La présidente de la PEC Hedayat Abdel Nabi a expliqué que ce projet de convention, préparé par le comité directeur de la Campagne, peut être à la base d'une améliroation des législations nationales et s'étendre à des questions comme les salaires, les assurances et le droit au logement.

  "Ces questions affectent directement le travail et la sécurité de nombreux journalistes libres, en particulier dans les pays en développement", a déclaré Hedayat Abdel Nabi. Une fois adoptée, cette convention rendra hommage aux journalistes qui ont risqué leur vie, leur famille et leur profession pour révéler la vérité,s'assurer que les victimes sont secourues et garantir la liberté d'opinion et d'expression.

  Pour la liste des victimes, voir: www:pressemblem.ch

Source : www:pressemblem.ch
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